LA CONSTRUCTION D’UN FORMIDABLE
INSTRUMENT DE DÉFENSE COLLECTIVE
HISTOIRE DES TCA-QUÉBEC, Yvon Roberge, 2008, Fides
QUAND SURVIENT un conflit de travail, les syndicats se retrouvent inévitablement à l'avant-scène. Si leur rôle dans la résolution de conflits est bien souligné par les médias, on entend beaucoup moins parler de leur implication sociale. Cette Histoire des TCA au Québec, constitue une véritable plongée dans notre histoire récente qui nous permet entre autres de découvrir que le syndicat des travailleurs canadiens de l'automobile est un des plus militants et des plus impliqués socialement.
FONDATION DE L'UNION TYPOGRAPHIQUE JACQUES-CARTIER
En 1963, les travailleurs de la United Aircraft à Longueuil (aujourd’hui Pratt & Whitney) obtiennent leur accréditation ; à Boisbriand, en 1965 et 1966, les salariés de l’usine et des bureaux de Sicard (aujourd’hui Paccar) joignent les rangs des TUA ; la même année, ce sont leurs collègues de l’usine de General Motors qui s'ajoutent. À droite, le président international des TUA, Walter Reuther, avec Maurice Roubedou, président de la section locale 1163, Sydney Payne, président du comité d’usine, et Henri Galarneau, représentant syndical.
MANIFESTATION À JOLIETTE EN 1974
Fernand Daoust, président de la FTQ et à sa gauche Claude Ducharme, alors représentant des TUA. Plusieurs membres du syndicat participaient à cette manifestation lors de la comparution du président de la FTQ, accusé de méfait public et d’incitation à la violence pendant la grève des employés de Hupp Canada à l’Assomption.
La grève de United Aircraft (aujourd’hui Pratt & Whitney)
La grève s’est terminée après vingt mois de lutte. Les gains furent mitigés, mais le syndicat que la multinationale
voulait détruire est resté en place. La grève a suscité un grand mouvement de solidarité. Et, quelques années plus tard, cette lutte inspirait une réforme majeure du Code du travail du Québec.
À L'USINE DE GM À SAINTE-THÉRÈSE
À l’usine de GM à Sainte-Thérèse, les membres des TCA ont dû mener plusieurs luttes pour faire respecter leurs droits, dont celui de la reconnaissance du français comme langue de travail et pour sauver leurs emplois. Ici, en assemblée générale au début des années 70.
À L'USINE DE GM À SAINTE-THÉRÈSE
Lors d’un vote de grève quelques années après 1970. En septembre 2002, l’entreprise fermait définitivement ses installations de Sainte-Thérèse.
À L'USINE DE GM À SAINTE-THÉRÈSE
À plusieurs reprises, les travailleurs et travailleuses se sont mobilisés pour sauver leurs emplois. Chaque fois,
ils ont dû interpeller les gouvernements et les forcer à intervenir. En septembre 2002, l’entreprise fermait définitivement ses installations de Sainte-
Thérèse.
LE PREMIER CONSEIL QUÉBÉCOIS
De gauche à droite, Fernand Babin, Carole Froment, Bob White, John Defalco, Claude Ducharme, Denise Bellalite et Jean-Pierre Fortin, aujourd’hui directeur québécois des TCA.
Claude Ducharme lors de son élection comme vice-président de la FTQ.
En 1983, est fondé le Conseil québécois des TUA.C’est Claude Ducharme, nouvellement nommé directeur québécois, en remplacement de Robert Dean, élu député du Parti québécois à l’Assemblée nationale, qui a mené ce dossier à terme.
Le frère de Walter Reuther, Victor, est décédé en 2004, à l’âge de 92 ans.
À l’origine de la syndicalisation des travailleurs américains de l’automobile dans les années 30, il a milité chez
les TUA jusqu’en 1973. Au moment de la scission entre les TUA et les TCA, en 1985, il a dit comprendre les motivations des travailleurs canadiens qui refusaient de faire autant de concession que leurs confrères américains. Ici, lors d’un congrès de TCA, en compagnie de deux syndicalistes
de la CGT française, Jean-François Carré et Pascal Nonat.
MANIFESTATION À OTTAWA
En 1981, les TUA québécois participent à une manifestation à Ottawa. Des dizaines de milliers de militants et militantes dénoncent l’inaction du gouvernement fédéral face à l’inflation.
Des employés de l’Hôtel Fairmount, au Mont-Tremblant, membres des TCA.
(Photo tirée du livre Canadiens au travail, de Vincenzo Pietropaolo, publié par les TCA en 2000).
Travailleur membre des TCA, à l’usine de camions d’incendie Pierre-Thibeault (aujourd’hui Novabus), à Saint-François du Lac. (Photo tirée du livre Canadiens au travail, de Vincenzo Pietropaolo, publié par les TCA en 2000.)
Travailleuse de l’usine de traitement de légumes Can Gro à Chambly (anciennement Nabisco et Kraft ). Cette usine a été fermée en 2006 après 90 ans d’opération.
(Photo tirée du livre Canadiens au travail, de Vincenzo Pietropaolo, publié par les TCA en 2000)
À gauche, Buzz Hargrove, président national des TCA, de 1992 à 2008.
À droite, Luc Desnoyers, directeur québécois des TCA, de 1995 à 2008.
Un soudeur membre des TCA à l’usine d’autobus Prévost-Car (Volvo) à Sainte-Claire. (Photo tirée du livre Canadiens
au travail, de Vincenzo Pietropaolo, publié par les TCA en 2000).
La mobilisation pour le sauvetage de l’usine de Kenworth (aujourd’hui Paccar) a été exemplaire. La population de la région s’est jointe aux TCA et à la FTQ pour exiger l’intervention énergique des différents paliers de gouvernement. En bout de ligne, une nouvelle usine était construite et les emplois préservés.
Des luttes importantes ont été menées notamment contre les fermetures des ateliers d’Alsthom, dans le Sud-
Ouest de Montréal et des Ateliers Angus dans l’Est de la ville. C’est aussi à la suite de ces fusions que bon nombre de syndiqués du secteur de l’hôtellerie ont joint les rangs des TCA.
De nombreuses fusions ont fait des TCA le plus grand syndicat industriel au Québec. Celles de la Fraternité canadienne des cheminots et du Syndicat canadien des chemins de fer en 1994, précédées par celle de la Fraternité des wagonniers en 1990
ont marqué l’histoire du syndicat.
L’action politique a toujours occupé une place prépondérante dans la vie syndicale des TCA. En 2001, plusieurs milliers d’entre eux participaient à la grande manifestation, lors du Sommet des Amériques, à Québec. Ils participaient aussi au Sommet des peuples des Amériques qui dénonçait l’intégration économique néolibérale et proposait plutôt un développement humain axé sur la justice sociale.
Les TCA-Québec sont toujours fortement représentés dans les instances canadiennes du syndicat.
Photos et textes tirés de : Histoire des TCA QUÉBEC, Yvon Roberge, 2008, Fides.
L’histoire des TCA-Québec
C’est à l’entreprise Mack Truck Montréal que fut implantée la première section locale des TCA-Québec en 1950. Le syndicat se nommait alors Travailleurs unis de l’automobile (TUA), une organisation syndicale nord-américaine créée aux États-Unis en 1928 et implantée au Canada à partir de 1936.
Cette organisation fut l’un des principaux syndicats industriels qui formèrent, après leur expulsion de l’American Federation of Labor (AFL), le Congress of Industrial Organization (CIO) en 1938. Avec les autres syndicats industriels du CIO, les TUA créèrent au Canada le Congrès canadien du travail (CCT) en 1940 et, au Québec, la Fédération des unions industrielles du Québec (FUIQ) en 1952. Toutes ces organisations allèrent ensuite fusionner avec leur famille syndicale d’origine, formant l’AFL-CIO aux États-Unis en 1955, le Congrès du travail du Canada au Canada en 1956 et la Fédération des travailleurs du Québec au Québec en 1957.
C’est en 1985 que les sections locales canadiennes des TUA s’en détachèrent pour créer le Syndicat national de l’automobile, de l’aérospatiale, du transport et des autres travailleurs et travailleuses du Canada, mieux connu sous le nom des TCA. Les sections locales québécoises quant à elles sont regroupées dans le Conseil québécois et forment les TCA-Québec.
Le syndicat s’est développé au gré des campagnes de recrutement, mais aussi à l’occasion de grandes fusions. Acteur majeur dans l’industrie de l’automobile depuis son origine, le syndicat est aujourd’hui profondément enraciné notamment dans les secteurs de l’aérospatiale, dans les transports routier, aérien et maritime, dans l’industrie des pêches, de la fabrication et de l’hôtellerie - restauration. C’est en fait le plus grand syndicat du secteur privé au Canada.
Au Québec, les TCA (auparavant TUA) ont largement contribué à la construction d’un mouvement syndical puissant et dynamique, toujours à la défense de la justice sociale et des aspirations nationales des Québécoises et des Québécois. Tout au long de son histoire, il a mené des luttes marquantes qui ont fait progresser des causes comme celles du français langue de travail, de la santé et sécurité au travail et de l’accès à des conditions de travail décentes. La grève de la United Aircraft en 1974/1975 a amené les lois anti-briseurs de grève et la formule Rand. Ces gains ont été faits non seulement pour ses membres, mais pour l’ensemble des citoyennes et des citoyens du Québec. Les militantes et les militants TCA-QUÉBEC sont en effet des ardents défenseurs des droits sociaux et des services publics.
L’histoire du syndicat est relatée dans un livre paru en 2008, sous la signature d’Yvon Roberge, militant et représentant du syndicat pendant plusieurs années.
Les événements marquants de 1818 à 2008
1818
La Société amicale des charpentiers et des menuisiers de Montréal
constitue le premier syndicat relevé au Québec.
1827
Premier syndicat au Canada : la Société typographique canadienne
de Québec.
1834
L’Union des syndicats de métiers de Montréal a été le premier
regroupement régional.
1860
Premiers syndicats de métiers nord-américains, « unions internationales
», à s’implanter au Québec. Il s’agit des mouleurs de
fonte, suivis des cigariers (1865), des cordonniers et des typographes
(1867).
1870
Fondation de l’Union typographique Jacques-Cartier, section
locale 145 de l’Union internationale des typographes, qui regroupe les typos francophones de Montréal. Il s’agit du plus ancien syndicat toujours actif au Québec (et à la FTQ), connu aujourd’hui sous le nom de section locale 145 du Syndicat des communications, de l’énergie et du papier (SCEP-FTQ).
1871
Premier Conseil des métiers et du travail fondé à Toronto.
1872
À la suite de la grève des typographes de Toronto, la « Loi des
unions ouvrières », votée par le Parlement fédéral, retire du Code
criminel l’interdit sur les syndicats.
1882
Implantation au Québec d’une centrale syndicale d’origine américaine,
les Chevaliers du travail (1882-1902).
1886
Fondation du Conseil des métiers et du travail de Montréal
(CMTM), aujourd’hui le Conseil régional FTQ du Montréal métropolitain. Le Conseil est fondé à l’initiative des Chevaliers du travail et des syndicats nord-américains de métiers. Son
premier président est le machiniste Louis Guyon.
Fondation de la première centrale syndicale canadienne durable, le Congrès des métiers et du travail du Canada (CMTC),
aujourd’hui le Congrès du travail du Canada (CTC), la grande centrale canadienne avec laquelle la FTQ est associée.
Fondation de la centrale américaine, l’American Federation of Labor (AFL).
1888
Élection à Montréal du premier député ouvrier au Parlement
fédéral, le typographe Alphonse-Télesphore Lépine, exsecrétaire
du CMTM.
1889
Fondation du Comité exécutif provincial du Québec du Congrès
des métiers et du Travail du Canada (CMTC), un des ancêtres
directs de la FTQ. Ce comité a pour mandat de représenter les
syndiqués auprès du gouvernement du Québec.
1899
Fondation du Parti ouvrier par des militants du Conseil des
métiers et du travail de Montréal et des « unions internationales ».
1906
Le Parti ouvrier envoie au Parlement fédéral son premier député,
un plombier de métier, Alphonse Verville, alors président du
CMTC, qui est élu dans Maisonneuve à Montréal.
1908
Création de la Fraternité des cheminots.
6000 travailleurs du textile tombent en grève à Magog, Montmorency,
Montréal et Valleyfield.
Fondation du journal Le Monde ouvrier, organe du CMTM
et des unions internationales à Montréal et au Québec. Son
directeur fondateur est le typographe d’origine belge, Gustave
Francq, ex-président du CMTM, qui sera la figure dominante
du syndicalisme au Québec durant la première moitié du
xxe siècle. Le Monde ouvrier est aujourd’hui l’organe officiel de
la FTQ.
1918
La Fédération américaine du travail expulse les travailleurs de
l’automobile.
1919
Grève générale à Winnipeg.
Fondation de la One Big Union.
1921
Fondation de la Confédération des travailleurs catholiques
du Canada (CTCC) qui se déconfessionnalisera en 1960 pour devenir la Confédération des syndicats nationaux (CSN).
1928
À la suite de l’accélération de la chaîne de montage et à une
diminution des salaires de 40 % malgré des profits records, 3700
travailleurs font la grève pendant une semaine et s’organisent
en syndicat. Malheureusement, le syndicat, à la suite de l’action
de la FAT de diviser les travailleurs par métier, s’est dissout. Crise économique.
Fondation aux États-Unis, au sein de l’AFL, du Committee of
Industrial Organizations, promoteur du syndicalisme industriel,
qui deviendra en 1938 une nouvelle centrale, le Congress
of Industrial Organizations (CIO). Fondation des TUA aux États-Unis.
1936
Kelsey Wheel de Windsor : première section locale des TUA au
Canada. Ce syndicat a déclaré une grève sur le tas qui a été des
plus réussies.
1937
Fondation de la Fédération provinciale du travail du Québec
(FPTQ), qui prend la relève du Comité exécutif provincial du Québec du CMTC. Son premier président est Raoul Trépanier,
de l’Union des employés de tramways. Son premier secrétaire est Gustave Francq, de l’Union des typographes.
Grève de 5000 midinettes de Montréal, membres de l’Union
internationale des ouvriers du vêtement pour dames (UIOVD,
aujourd’hui SVTI- FTQ).
Pendant un mois, 10 000 travailleurs de la Fédération du textile
(CTCC) font la grève dans les usines de la Dominion Textile à
Drummondville, Magog, Montmorency, Montréal, Sherbrooke
et Valleyfield.
4000 travailleurs membres des Travailleurs unis de l’automobile, section locale 222 à Oshawa, déclarent la grève à la
GM.
1939
George Burt devient directeur canadien.
Fondation du Conseil canadien.
Début de la Deuxième Guerre mondiale.
1940
Formation du Congrès canadien du travail (CCT), l’équivalent
canadien du CIO, et fondation de son Conseil du travail de Montréal.
1941
Les TUA remportent le vote à l’immense usine Ford de River
Rouge aux États-Unis et les travailleurs de Chrysler forment la
section locale 200 à Windsor.
1942
Ce n’est qu’en 1942 qu’une convention collective au Canada a
inclus la reconnaissance du syndicat. Il s’agissait de la convention
collective entre les TUA et Ford. GM et Chrysler ont suivi
peu de temps après.
1945
Grève à l’usine Ford de Windsor.
Fin de la Deuxième Guerre mondiale.
1946
Établissement de la formule Rand par un juge du même nom afin
de régler le retour au travail des travailleurs de Ford à Windsor.
C’était une sorte de sécurité syndicale.
Fondation de la Corporation des instituteurs et institutrices
catholiques (CIC), aujourd’hui la Centrale des syndicats du
Québec (CSQ).
Les TUA recrutent leur première unité au Québec. Il s’agit de l’unité « White Truck Montréal » qui faisait partie de la section
locale 698.
1947
Accréditation des travailleurs d’entretien à l’aéroport de Montréal,
section locale 948.
1949
Fondation de la Confédération internationale des syndicats
libres (CISL), la grande centrale mondiale à laquelle appartiennent
la FTQ et le CTC.
Plus de 4000 travailleurs syndiqués avec la CTCC déclarent ce
que l’on a appelé « la grève de l’amiante ».
Les salariés de la compagnie BOAC à Dorval joignent les rangs
de la section locale 698.
1950
Accréditation de Mack Truck Montréal (garage), section locale
698. Il s’agit de la plus vieille unité des TCA au Québec.
1951
Le 31 octobre, les travailleurs de la compagnie Torrington, de
Bedford, membres de l’Union nationale des ouvriers de l’aiguille,
section locale 1, décident de joindre les rangs des TUA ; ils seront
accrédités le 22 décembre et feront partie de la section locale
956.
1952
Fondation de la fédération des unions industrielles du Québec
(FUIQ), rattachée au Congrès canadien du travail et au CIO. Son
président est Romuald Lamoureux du Syndicat des Métallos.
Congrès des TUA à Cleveland. Le 27 septembre, Jules Filion,
délégué de la section locale 698, s’adresse aux 2000 délégués au
Congrès. Il leur parle pendant sept minutes en français, puis s’interrompant,
s’adresse en anglais en ces termes : « Je suis certain
qu’il n’y a pas plus de trois membres qui ont compris dans toute
la salle. » Les délégués l’applaudissent. Walter Reuther marche de
long en large sur la tribune. Jules continua : « Notre problème au
Québec, c’est ça. Vous négociez des contrats en anglais et les francophones ne comprennent pas. » Walter répliqua : « Je ne t’avais
peut-être pas compris en français, mais maintenant j’ai compris et on va remédier à ça. »
Les quelque 700 tisserands de Louiseville, syndiqués à la CTCC,
font une grève de 11 mois contre l’Associated Textile Limited.
À Montréal et à Valleyfield, sous la direction de Madeleine
Parent, les 5800 travailleurs représentés par les Ouvriers unis
du textile d’Amérique font la grève pendant 3 mois.
Aero Caterers, aujourd’hui Cara, devient une unité de la section
locale 698.
Accréditation du groupe de Leyland Motor Ltée qui devient
membre de la section locale 698.
White Truck (bureaux), Montréal, se joint à la section locale
698.
1954
L’impôt sur le revenu au Québec fait son apparition.
Une accréditation est octroyée aux salariés de la Pullman Trailmobile qui se joignent à la section locale 698.
GMC Truck Montréal (garage) devient une unité de la section locale 698.
International Harvester Montréal passe également à la section
locale 698.
La section locale 698 recrute les salariés de Diamond T qui
deviendra Larman Motor Bodies.
1955
Mouvement de réunification des forces syndicales avec la fondation
de l’AFL-CIO, nouvelle centrale américaine née de la fusion de l’AFL et du CIO.
Le groupe de Ford Motor de Pointe-Claire se joint à la section
locale 698.
Fruehauf Trailer est accrédité à la section locale 698
Grève chez Torrington, de la section locale 956, du 22 juillet au
13 août.
1956
Fondation de la nouvelle centrale canadienne, le Congrès du travail
du Canada (CTC), issue de la fusion du CMTC et du CCT.
Accréditation chez Gardner Trailer, section locale 698.
1957
Fondation de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ),
née de la fusion de la FPTQ et de la FUIQ. Son premier président
est Roger Provost des Ouvriers unis du textile d’Amérique
(OUTA). Son premier secrétaire est Roméo Mathieu du Syndicat
des salaisons.
Grève des mineurs de Murdochville, membres du Syndicat des
Métallos (FTQ). Cette grève dure 7 mois et reste un symbole
de la lutte du mouvement ouvrier contre le régime du premier
ministre Maurice Duplessis.
Élection de Germaine Pilote au poste de présidente de la section
locale 956 de Bedford. Elle est la première femme élue à un tel poste chez les TUA.
La section locale 698 reçoit l’accréditation pour le groupe Brantford
Coach.
KLM Airline de Dorval se joint à la section locale 698.
Air France également de Dorval se joint à la section locale
698.
1960
Le congrès de la FTQ appuie la création du Nouveau Parti démocratique
(NPD), nouveau parti social-démocrate fédéral fondé
avec le soutien du mouvement syndical.
1961
Accréditation chez Champlain, à Stanbridge, section locale
956.
1962
Le groupe Standard Tube est accrédité dans la section locale
698.
1963
Après dix années de tentatives, les TUA finissent par réussir
à recruter les salariés de Pratt & Whitney à Longueuil le 18 octobre.
Accréditation de Saint-Jérôme Industries Ltée, section locale
680. La compagnie deviendra Mueller Industries en 1970.
Le groupe de Champlain, section locale 956, tombe en grève
pendant 7 jours.
1964
Le 24 juin, une première convention collective est signée avec
la Pratt & Whitney.
La section locale 956 de Bedford, sous la présidence de Germaine
Pilote, décide de se faire construire un édifice afin d’y loger ses
bureaux.
Le Québec se dote d’un Code du travail.
Louis Laberge, représentant permanent des TUA, est élu président
de la FTQ. Les TUA obtiennent les accréditations suivantes :
• Alitalia à Dorval, section locale 698 ;
• Highway Trailer, section locale 698 ;
• White Truck Québec (garage) section locale 1044 – Fonderie
• Mussens Equipement (usine), Lachine, transférée à la section locale 1900 en 1980.
1966
Les TUA syndiquent les salariés de GM, à Boisbriand, et créent
la section locale 1163.
Grève à l’usine de GM par les membres de la section locale
1163 des TUA. Six cent quarante-quatre travailleurs sont
concernés.
Grève à la Sicard Inc. de Sainte-Thérèse. Les salariés de l’usine
font partie de la section locale 728-TUA. Deux unités de la section locale 956, de Bedford, déclarent la
grève : Eastern Rebuilders et Esty.
Les TUA obtiennent les accréditations suivantes :
• Fonderie Pont-Viau, section locale 1360 ;
• Mussens Québec (usine), section locale 1044 ;
• Pierre Thibault Canada Limitée, Pierreville, section locale 1362 ;
• Sicard Inc. (bureaux), Montréal, section locale 1146.
Grève à la Fonderie Pont-Viau, section locale 1360. Elle dure
3 semaines.
1967
Une grève de 7 semaines à la United Aircraft par la section locale
510-TUA avorte.
Les TUA reçoivent une accréditation pour l’unité Jeffrey Manufacturing
de LaSalle, section locale 1376, transférée à la section
locale 1900 en 1977. Durant la même année, cette unité fait la
grève pendant 3 mois.
Les TUA reçoivent également les accréditations suivantes :
• Maase Equipment Co. Ltd., Pointe-Claire, section locale 1360,
transférée à la section locale 1376, en 1969 et transférée de nouveau à la section locale 1900 en 1977.
1968
Les sections locales 728, 1146 et 1163 des TUA fondent la Caisse
d’économie des travailleurs de l’automobile. L’actif au mois d’octobre
1980 atteindra 2,5 millions de dollars.
Dennis McDermott accède au poste de « directeur canadien des TUA ».
Les TUA reçoivent les accréditations suivantes :
• Dion et Frères, Sainte-Thérèse, section locale 728 ;
• American Air Filter, Montréal, section locale 1575, transférée
à la section locale 1900, en 1977 ;
• White Truck (bureaux), Québec, section locale 1044 ;
• American Air Filter, Boucherville, section locale 1468, transférée
à la section locale 1469, en 1975.
• L’unité Torrington, de la section locale 956, de Bedford, entreprend
une grève qui durera 4 mois.
1969
Fernand Daoust, du Syndicat canadien de la fonction publique
(SCFP), est élu secrétaire général de la FTQ.
Les TUA sont accrédités pour les unités suivantes :
• Dorval Diesel, Dorval, section locale 1450 ;
• Chrysler (pièces), Pointe-Claire, section locale 698, transférée
à la section locale 1581 en 1975 et transférée à nouveau en 1977
à la section locale 1900 ;
• Sicard Inc. (garage et pièces), Montréal, section locale 1378,
transférée en 1975 à la section locale 1581 et transférée de nouveau
à la section locale 1900 en 1977 ;
• Pulp & Paper Mills Accessories Ltd., devenue Albany en
1975, section locale 1376, transférée en 1977 à la section locale 1900 ;
• Hertz Truck Rental, Montréal, section locale 1575, transférée à
la section locale 1581 en 1974 et transférée de nouveau en 1977
à la section locale 1900.
Lock-out à la Sicard Inc. visant les membres des sections locales
728, 1146 et 1378 des TUA. La grève dure 12 semaines.
1970
Les TUA sont accrédités pour les unités suivantes :
• Mussens (bureaux), Lachine, section locale 1450, transférée
en 1980 à la section locale 1900 ;
Grève générale des usines GM. En plus des demandes propres
à tous les salariés, pour la section locale 1163, il faut ajouter « le droit de travailler en français ». C’est avec l’adoption de la Loi
101 par le Parti québécois que leur demande sera satisfaite.
En plus de la grève chez GM, trois autres grèves ont éclaté en
1970 : Mack Truck, section locale 698 ; Fruehauf St-Laurent, section
locale 698 ; Renault, de Saint-Bruno, section locale 698.
1971
Mise sur pied d’une coopérative alimentaire par la section locale
956 de Bedford.
Grève de 7 mois au quotidien La Presse, menée par les syndicats
des métiers de l’imprimerie affiliés à la FTQ.
Les TUA sont accrédités pour les unités suivantes :
• Caravane Val-Bar, Saint-Louis-de-Blandford, section locale
1757, transférée à la section locale 1044.
Cette année est ponctuée de deux grèves : celle de Jeffrey Mfg.,
de la section locale 1376, dure environ deux mois, tandis que, celle de Hunter Douglas, de la même section locale, dure trois
semaines.
1972
Grève du Front commun CEQ-CSN-FTQ dans le secteur public
et parapublic québécois et emprisonnement des présidents
des trois centrales, Yvon Charbonneau, Marcel Pépin et Louis
Laberge. Grèves de solidarité (mai 1972).
La section locale 956 de Bedford parraine la construction d’un
CLSC. Thérèse Messier et Eugène Benoit siègent au conseil d’administration.
Les TUA sont accrédités pour les unités suivantes :
• La Laurentienne (ajusteurs), Québec, section locale 1044 ;
• International Electric, Montréal, section locale 1580 ;
• Les 20 travailleurs du magasin de pièces de Renault Canada, à
Saint-Bruno, entreprennent une grève qui va durer plus d’un an.
Les membres de l’unité American Air Filter, de Saint-Laurent,
font la grève pendant près de 3 mois.
• Chevrolet Motor Sales, section locale 1581, transférée en 1977 à la section locale 1900 ; la même année, le nom de l’entreprise
change pour Centre de camions Chevrolet ;
• GM Diesel, section locale 1581, transférée en 1977 à la section
locale 1900 et transférée à nouveau en 1978 à la section locale
728.
Lors du congrès du CTC, la FTQ acquiert un statut spécial
d’autonomie au sein de la centrale canadienne.
À cause de l’inflation qui monte en flèche, les travailleurs de
SMI, section locale 1581, exercent des moyens de pression au milieu d’une convention collective. La compagnie accordera
0,25 $ l’heure d’augmentation à tous les salariés.
Grève de 20 mois de la section locale 510 des TUA chez le fabricant
de moteurs d’avions United Aircraft (aujourd’hui Pratt & Whitney) à Longueuil.
Deux courtes grèves ponctuent aussi l’année 1974 : Ralston
Purina, LaSalle, section locale 1376, et Imperial Automotive,
section locale 1580.
1975
Pour la première fois de son histoire, la FTQ appelle à une grève
générale de solidarité de 24 heures, le 21 mai 1975.
Les accréditations suivantes sont accordées aux TUA :
• Mark Hot (bureaux), Longueuil, section locale 1583 ;
• Gould Auto Supply, Montréal, section locale 1580 ;
• UAP (bureaux), Montréal, section locale 1580.
L’unité Centre de camions Chevrolet, section locale 1581, fait la
grève du 19 février au 4 mars.
1976
Première grève générale de 24 heures au Canada, à l’appel du
CTC, pour dénoncer la loi contrôlant les salaires (14 octobre).
Pour la première fois, la FTQ appuie un parti aux élections québécoises,
le Parti québécois, qui est élu le 15 novembre.
Grève à la Mussens par la section locale 1450. C’est une bataille
non seulement contre l’employeur, mais également contre la loi
C-73 (gel des prix et des salaires). Elle durera 19 mois.
Des accréditations nouvelles viennent grossir les rangs des
TUA :
• Prévost Car (usine), Sainte-Claire, section locale 1044.
Les travailleurs de Les Bennes Atlas, section locale 1581, font
deux mois de grève.
Les membres de l’unité Centre de camions Paccar Kenworth,
section locale 1581, font la grève pour obtenir une première
convention collective.
1977
La première unité au Québec à obtenir la clause de 0,01 $ l’heure
pour le financement du programme TUA des Congés-éducation
payés (CEP) a été celle de Aviation Electric, section locale
1849.
Nouvelles unités accréditées :
• Poliquin Service de Pneu, section locale 1044 ;
• Prévost Car (bureaux), Sainte-Claire, section locale 1044 ;
• International Harvester, Québec, section locale 1044 ;
Grève de deux jours chez Aviation Electric, section locale 1849.
1978 Robert White est élu « directeur canadien des TUA ».
Huit mois de grève à la Kenworth pour la section locale 728. Les unités UAP/CAWL des sections locales 1044 et 1580 ont mis
fin à une grève de plus de 7 mois le 23 décembre.
Nouvelles accréditations pour les TUA :
20 mai – Premier référendum sur la souveraineté du Québec.
Assemblée des dirigeants québécois des TUA à Chicoutimi. C’est lors de cette réunion que les délégués prennent position
pour une structure adaptée au Québec et qui réponde à ses besoins.
1981
21 novembre – Manifestation à Ottawa contre la hausse du taux
d’intérêt.
1982
Pour la première fois dans l’histoire de GM, les travailleurs
canadiens gagnent plus cher que les travailleurs américains. Rapatriement de la Constitution canadienne.
Grève de 38 jours chez Chrysler afin d’obtenir un accord distinct
de celui des États-Unis, créant ainsi un précédent chez les
TUA.
1983
La FTQ réalise une première dans le mouvement syndical
en mettant sur pied le Fonds de solidarité des travailleurs du Québec (FTQ), un fonds d’investissement pour créer et maintenir
des emplois dans des entreprises québécoises.
26-27 mars – Réunion de fondation du Conseil québécois.
16 au 20 mai – Congrès des TUA à Dallas-Fort-Worth au Texas.
C’est le dernier congrès des TUA auquel les Canadiens assisteront.
1985
26 mai – Pour la première fois de leur histoire, les TUA du
Québec élisent leur directeur. Il s’agit de Claude Ducharme.
Le mois d’août voit se concrétiser la première d’une longue série
de fusions. Il s’agit de l’Association canadienne des employés du
transport aérien (ACETA) qui se joint aux TUA.
En septembre, les TUA canadiens deviennent indépendants et tiennent leur premier congrès.
À la suite d’un lockout, les salariés de Prévost Car s’engagent
dans un long conflit contre les concessions.
Le Congrès de la FTQ féminise le nom de la centrale, qui devient
la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).
1986
9 juin – Congrès des TCA : Les délégués adoptent une résolution
comprenant essentiellement 2 points : l’entente de séparation
d’avec les TUA américains et le changement de nom du syndicat
de « TUA-CANADA » à « TCA-CANADA » puisque c’était une
exigence du syndicat américain. À cet effet, un montant de 7 M $
a été conservé par les TUA, pour une période de 7 ans, afin de
s’assurer que les Canadiens ne reviendraient pas à l’appellation
« TUA-CANADA ».
1987
1er février – La section locale 510 vote à 84,3 % en faveur de la
grève chez Pratt & Whitney. Mais les revendications étant satisfaites,
la grève ne sera pas déclenchée.
1988
17 avril – Marche pour la Loi 101.
1er octobre – le nouveau Centre familial d’éducation des TCA
ouvre ses portes.
Après 22 semaines de lockout, un règlement survient entre la
section locale 188 et Spar.
Grève de 5 mois chez IPA.
Débat sur le libre-échange (ALE).
1989
Le 3 février, la section locale 510 procède à l’ouverture de ses
nouveaux bureaux à Longueuil.
1991
Fernand Daoust est élu président de la FTQ ; Clément Godbout,
des Métallos, est élu secrétaire-général.
1992
Basil « Buzz » Hargrove devient président des TCA.
Robert « Bob » White est élu président du CTC.
1993
La FTQ négocie avec le CTC un statut de « souveraineté association
» qui lui donne toute liberté d’action au Québec, tout en maintenant ses liens de solidarité avec la centrale canadienne.
Lors des élections fédérales, la FTQ retire son appui au NPD et
appuie le Bloc québécois.
Clément Godbout est élu président de la FTQ, Henri Massé, du
SCFP, est élu secrétaire-général.
Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).
1994
Le président de la FTQ siège désormais au Conseil exécutif de
la Confédération internationale des syndicats libres (CISL).
Grève des représentants des TCA qui débute en septembre et
dure environ deux semaines.
1995
Décès du directeur québécois, Claude Ducharme. Luc Desnoyers
lui succède.
Marche des femmes contre la pauvreté.
Kenworth : début de la grève le 8 août.
Deuxième référendum sur la souveraineté du Québec. Résultats :
OUI 49,4 %, NON 50,6 %.
1996
Le 9 avril, Kenworth annonce la fermeture de l’usine.
1997
Kenworth : la réouverture de l’usine est annoncée le 27 janvier.
1998
Grève de 12 semaines au Château Montebello.
Les TCA se prononcent contre les conventions collectives de longue durée, c’est-à-dire de plus de 3 ans.
En fin d’année, au Congrès de la FTQ, et malgré le fait qu’ils
étaient minoritaires, les délégués TCA font adopter une résolution
contre les conventions collectives de longue durée.
Henri Massé est élu président de la FTQ ; René Roy du SCEP est
élu secrétaire général.
1999
Kenworth : les salariés retournent au travail.
2000
Formation du Groupe de travail des TCA sur la politique
ouvrière au xxie siècle.
Grève des secrétaires du 20 mai au 4 juillet.
2001
Les TCA participent en grand nombre au second Sommet des
peuples des Amériques à Québec.
Campagne québécoise contre la fermeture de l’usine GM de
Boisbriand.
Mort du Pacte de l’auto.
2002
L’usine de GM à Boisbriand ferme ses portes.
Inauguration des nouveaux bureaux des TCA à Montréal.
2003
20e anniversaire du Conseil québécois.
2004
Fusion de la Fédération des Syndicats du Secteur Aluminium (FSSA) avec les TCA.
2005
20e anniversaire des TCA.
2008
Jean-Pierre Fortin succède à Luc Desnoyers à titre de directeur général des TCA-QUÉBEC.
Photos et textes tirés de : Histoire des TCA QUÉBEC,
Yvon Roberge, 2008, Fides.