TCA-QUÉBEC, Syndicat national de l'automobile, de l'aérospatiale, du transport et des autres travailleurs et travailleuses du Canada  

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27-04-2010      
Réunion du Conseil québécois des TCA
 
PLUS QUE JAMAIS, L’ACTION POLITIQUE
EST AU COEUR DU TRAVAIL SYNDICAL
 
Saguenay, le 25 avril 2010 - Les délégués du Conseil québécois des TCA réunis à Saguenay les 23, 24 et 25 avril ont une fois de plus consacré une bonne partie de leurs débats à l’action politique. Plus que jamais, ils ont démontré que ce type d’action se situe au cœur de leur travail syndical.
 
D’entrée de jeu, en livrant son rapport, le directeur québécois des TCA, Jean-Pierre Fortin, posait la question suivante: «50 ans de révolution tranquille! Sommes-nous trop tranquilles?». Faisant allusion aux deux récents budgets des gouvernements Harper et Charest, il affirmait: « Les virages vers les valeurs de droite par le gouvernement conservateur à Ottawa et le gouvernement libéral à Québec sont sans précédent. Ces deux gouvernements nous imposent des reculs majeurs. Dans un contexte de mondialisation, nos sociétés québécoise et canadienne s’américanisent. » 
 
Où étaient les syndicats?
 
«L’ouverture de nos marchés publics consentie par les conservateurs à Ottawa et l’implantation d’un impôt santé par les libéraux de Québec attaquent de front nos valeurs fondamentales.»
 
Rappelant qu’au lendemain du budget Bachand, plus de 12,000 personnes provenant des groupes communautaires sont descendues dans les rues de Montréal, il s’est demandé: «Où étaient les syndicats?» Les délégués du Conseil sont intervenus en grand nombre pour partager avec le directeur leur frustration devant l’apathie du mouvement syndical face aux politiques rétrogrades de Québec et d’Ottawa.
 
Le directeur québécois a lancé un appel pressant à la mobilisation de tous les militants et militantes du syndicat. Il a d’ailleurs révélé qu’à la suite d’un débat tenu sur le sujet au cours de la dernière réunion régulière du Bureau de direction de la FTQ, il a été décidé d’élaborer un plan de riposte au budget antisocial du gouvernement Charest.
 
 
Le SPQ Libre
 
Dans son discours, Jean-Pierre Fortin a aussi abordé la question de l’expulsion récente du SPQ Libre des structures du Parti Québécois, les TCA-Québec ont participé étroitement à la mise sur pied de ce regroupement de syndicalistes et progressistes souverainistes. Le mouvement a perdu sa reconnaissance officielle de «club politique» du PQ, mais il est toujours bien vivant, de dire Jean-Pierre Fortin.
 
Marc Laviolette, le président du SPQ Libre qui était l’invité du Conseil, s’est demandé quant à lui: « Sommes-nous aujourd’hui en mauvaise posture en tant que syndicalistes et souverainistes?». Il a répondu par la négative. Pour lui, l’influence des progressistes demeure bien réelle à l’intérieur du PQ. Il se dit qu’il faut continuer à combattre à l’intérieur du parti, parce que c’est le seul parti de masse qui peut permettre de réaliser l’Indépendance et d’instaurer la social-démocratie. Il dénonce ceux qui croient qu’un virage à droite permettra de gagner des votes conservateurs.
 
Rappelant que «plus le taux de participation au scrutin est élevé, plus le PQ gagne», il soutient qu’il faut combattre l’abstentionnisme plutôt qu’abandonner les idées progressistes.
 
Les délégués ont adopté avec enthousiasme une recommandation de leur directeur qui «recommande que les militants et militantes du SPQ Libre s’impliquent dans les exécutifs des circonscriptions du Parti Québécois».

DÉFIS MULTIPLES ET MILITANTISME ACCRU
 
Tout au cours des délibérations du Conseil québécois des TCA, qui tenait ses assises les 23, 24 et 25 avril 2010 à Saguenay, on pouvait sentir une urgence: celle d’accroître le militantisme pour faire face aux défis multiples auxquels les travailleurs et travailleuses sont confrontés.
 
Dès l’ouverture, le président du Conseil régional de la FTQ, Yvan Tremblay, dénonçait les assistés sociaux que sont les grandes corporations comme Rio Tinto Alcan et Abitibi Bowater. Ces dernières, qui exploitent nos richesses naturelles à rabais, accaparent aussi l’aide des finances publiques sans se soucier du bien-être des communautés dans lesquelles elles évoluent.
 
Négociations difficiles
 
La crise majeure qu’ont fait subir à l’économie mondiale les «bandits financiers», semble servir de prétexte à toutes les entreprises pour exiger des concessions de la part de leurs employés. De nombreux cas de négociations difficiles ont été évoqués tout au long de la fin de semaine par les militants et militantes du syndicat, de même que par les représentants nationaux. 
 
Pourtant, dans ce contexte de grandes contraintes, le syndicat réussi avec fierté à protéger les acquis de ses membres. Dans certains cas, comme chez Katoen Natie Canada, à Lachine, l’intransigeance patronale a poussé les 6 membres à la grève. Cette dernière dura vingt jours au cours desquels l’employeur eût recours à des «scabs». Cette infraction dénoncée par le syndicat fut reconnue par l’enquêteur du Ministère du Travail. Finalement, après une brève séance de conciliation, une entente de principe était conclue. Elle fut approuvée par les membres dans une proportion de 84%. Ce petit groupe de salariés a reçu l’appui des militants de plusieurs sections locales et a finalement vu sa détermination récompensée.
 
De nombreux délégués ont mis l’accent sur la nécessité de redoubler d’efforts pour sensibiliser et former les travailleurs et travailleuses afin qu’ils saisissent davantage les enjeux des négociations. D’ailleurs, plusieurs nouveaux responsables syndicaux locaux sont venus témoigner au micro de la qualité et de l’efficacité des cours offerts par les TCA.
 
De nombreux invités
 
Des invités de marque sont invités à chacune des réunions du Conseil québécois. En fin de semaine, les délégués ont ainsi vu défiler Peggy Nash, l’adjointe de Ken Lewenza, le président canadien des TCA, ainsi que Tim Carrie, le président du Conseil canadien des TCA. 
 
Une jeune environnementaliste, Catherine Gauthier, est venue partager son expérience à titre de participante au sommet de Copenhague, où elle avait pu se rendre grâce au parrainage de la section locale 62 des TCA (Bombardier, Centre de finition). Un économiste de la région, Marc Urbain-Proulx, a entretenu les délégués de l’importance pour les Québécoises et Québécois de développer des projets collectifs. Son collègue Sylvain Schetagne, économiste du Congrès du travail du Canada, a entretenu les  membres de la grande campagne lancée par la centrale canadienne en faveur d’une bonification des régimes de retraites publiques.
 
Les TCA en font d’ailleurs une priorité de revendication. Le directeur québécois a recommandé que les «sections locales fassent parvenir une résolution au prochain Congrès de la FTQ afin de réclamer la mise en place d’une campagne provinciale pour la protection de nos régimes de retraite». 
 
Des comités dynamiques
 
Les différents comités statutaires du Conseil ont à tour de rôle fait rapport. Ainsi, ont défilé les porte-parole du comité de la Condition de vie et de travail des femmes, du Comité des jeunes, du Comité de l’environnement et du Conseil québécois des retraités.
 
Le coordonateur des TCA au sein du Fonds de solidarité de la FTQ a aussi fait son rapport périodique, soulignant le travail constant des 155 responsables locaux bénévoles qui œuvrent dans tous les milieux de travail TCA.
 
Au cours de la fin de semaine, les délégués ont aussi salué les départs à la retraite de Richard Fournier, représentant national, et de Roland Poirier, secrétaire trésorier du Conseil.



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